Once Upon a Time in… Cannes

Once Upon a Time in… Cannes

Quentin Tarantino à Cannes - Photo Patrice Lapoirie
Après « Inglourious Basterds » et « Django Unchained », c’est dans un vibrant hommage à l’industrie du rêve que Tarantino s’approprie l’histoire et la revisite à l’écran.

 

« J’aime le cinéma. Vous aimez le cinéma. »,

c’est ainsi que débute la lettre ouverte que le réalisateur Quentin Tarantino a diffusé sur les réseaux sociaux.

Je suis très heureux d’être à Cannes pour montrer Once Upon A Time In Hollywood avec le public du festival. Les acteurs et l’équipe ont travaillé dur pour créer quelque chose d’original, et je demande juste que tout le monde évite de révéler quoi que ce soit qui empêche les futurs spectateurs de vivre la même expérience devant le film ».

 

Dans une narration décousue, à l’ère des mouvements hippies et des ignominies de la communauté Manson, il nous conte le récit d’un acteur médiocre d’une série télévisée de western en quête de sa reconnaissance d’antan.

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Nina Wu : femme instrument

Nina Wu : femme instrument

Présentée dans la compétition un Certain Regard, Nina Wu est une de ces bonnes surprises que l’on attend spécialement du Festival de Cannes. Une critique politique sur la concupiscence des réalisateurs et producteurs de cinéma pour leurs actrices, dans lequel le réalisateur Midi Z décide de lever le voile sur un sujet sensible et ô combien actuel. Un film noir, souvent rouge, menant au syndrome de Stendhal pour certain.e.s, infligeant une bonne tape derrière la tête à d’autres.

Nina Wu est une modeste jeune femme de la campagne taïwanaise dont l’ambition absolue est de devenir actrice. Cantonnée à des rôles de figurante et des spots publicitaires, elle est aussi contrainte d’officier comme playmate en ligne. Dans ces appels vidéos groupés, elle se métamorphose pour correspondre aux fantasmes de ses clients, premier stigmate de la femme instrument. Un coup de téléphone de Mark, son agent, sonne le glas des petits boulots. Nina est retenue pour une audition, un long-métrage avec un rôle important à la clé. Se déploie alors un récit d’exploration, à l’image de la première scène et de son travellingavant tumultueux, où un train navigue dans de sinueux couloirs de métro. Cette séquence symbolise le voyage pénible et mouvementé, semé d’abus, que doit entreprendre une femme si elle se destine à l’industrie du cinéma. Elle image peut-être même la vie de ces jeunes femmes de campagne dont les ambitions débordantes constituent un atout de pouvoir notable pour leurs exploitants. Mais cela incarne surtout l’intériorité d’une Nina Wu menée à la baguette, ne voyant pas le bout du tunnel.

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Une expérience immersive déconseillée aux âmes sensibles

Une expérience immersive déconseillée aux âmes sensibles

 

Avant de condamner le film “Mektoub, My Love: Intermezzo”, qui a suscité énormément de polémique lors son avant-première au Festival de Cannes, il faudrait prendre en compte que le film que nous avons eu l’occasion de voir n’est pas un film complétement fini. En ce moment, ce film se trouve encore devant un travail technique de postproduction. Comme l’avait dit Louise Wessbecher dans son article pour Huffingtonpost, le film tel qu’il nous est montré au Festival de Cannes, n’est sûrement pas celui que nous allons voir lors de sa sortie en salles.

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Summer of Changsha – Liu Yu Tian : Décousu Main

Summer of Changsha – Liu Yu Tian : Décousu Main 

Cette année à Cannes, les films construits de manière binaires, voir dichotomiques comme Nina Wu, ou Parasite, n’ont pas manqués de marquer les festivaliers. Sélectionné au sein d’Un Certain Regard, Summer of Changsha de Zu Feng, moitié polar noir, moitié drame social, ne dérogera pas a la règle sans pour autant ravir l’ensemble de ses spectateurs.

L’inspecteur Bin, interprété par le réalisateur Zu Feng, cherche à quitter ses fonctions policières, mais la procédure s’éternisant, celui ci va se retrouver a enquêter pour une dernière fois sur un sombre meurtre, dont le premier élément est un bras découpé abandonné sous un pont. Le voila donc amené à vivre un autre été à Changsha. L’intrigue se développe autour de l’enquête, de ses suspects, ses victimes, avec son lot de course poursuite et d’interrogatoires, et rythmé par des rebondissements purement policiers. L’auteur passe à coté d’un message politique qui aurait pu être porté a travers la police de Changsha, raisonnant sur l’ensemble de la Chine. Non, le film ne sera pas de cet acabit. Il s’en tiendra seulement a une introduction posant les bases de son énigme. 

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« Les misérables », choc nécessaire

« Les misérables », choc nécessaire

Cela fait déjà plus de 4 heures que je suis sorti de la projection de « Les Misérables » et impossible de m’enlever certaines scènes marquantes du film. Ce que je vais écrire est sûrement une lettre d’amour sans objectivité adressée au long-métrage de Ladj Ly mais pas grave, je me lance.

Les Misérables, fait clairement partie des films qui nous font passer par toutes les émotions. Durant la première moitié, on rit beaucoup à découvrir ce quartier aux habitants parfois atypiques (ou présentés comme atypique par les policiers). Ladj Ly a opté pour une introduction de film assez légère dans la tonalité, avec aussi la présence d’humoristes comme Fodjé Sissoko. Cette première partie nous prépare à une fin de film terrible et choquante. À ce moment-là, « Les Misérables » devient un drame, un thriller, avec des passages d’horreur et de film de guerre. Cette partie laissera surement sans voix beaucoup de spectateurs et fairont pleurer les plus émotifs. Certaines scènes, comme celle de l’arrestation, m’ont dressé les poils. Le choix de filmer quasiment comme un documentaire ces trois policiers offre une plus-value au long-métrage. On est embarqués dans cette équipe et on va patrouiller pendant deux jours avec eux. Cette sensation de réel est le but recherché et le choix des acteurs offre encore plus au film cette sensation. Pas d’acteurs reconnus et beaucoup de jeunes de quartiers semblent avoir été choisis pour incarner « Les microbes ». Même si le jeu des enfants n’est pas toujours juste, on oublie ce défaut très vite. Un défaut de début de film devient finalement une force.

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