Critique : Alpha – Julia Ducournau (2025)

Alpha voit sa vie basculer après une séance de tatouage sauvage en pleine pandémie d’un virus à transmission sanguine inconnu. 

Un parallèle avec le VIH peut rapidement être fait. Pourtant, ce n’est pas uniquement de cette maladie dont s’inspire l’autrice. Julia Ducournau veut avant tout parler des périodes anxiogènes propres à toutes les maladies virales méconnues, mais également aux fléaux toxicomaniaques. Ces périodes où la peur prend le pas sur l’humanité et où les supposés contaminés sont dévisagés, stigmatisés, évités et excommuniés. Contraints de se renfermer entre eux et sur eux-mêmes, ils finissent par s’entêter jusqu’à l’excès ou s’endurcir jusqu’au décès. L’amour devient alors le seul remède. Il comble l’impuissance des humains. Il se caractérise par une sœur qui use de son expertise médicale pour enrayer la maladie de son frère ou par une mère qui manifeste ses convictions et ses croyances pour sauver son fils. Mais, tout autant que la peur, l’amour peut rendre irrationnel, surtout quand il est nourri par des traumatismes et des remords.

Alpha est un drame angoissant, très graphique, où les tons rouge sang de l’amour et du danger se mêlent à la blanche pâleur de la maladie. Un film où la famille combat l’inertie du cœur et des corps. Un film où l’amour est étroitement lié à la mort.