Titane de Julia Ducournau : entrée imposante du film de genre à la française

En 2016 était projeté pour la première fois, alors en compétition sur les listes de la Semaine de la Critique, Grave de Julia Ducournau, qui fit l’effet d’une bombe dans le paysage des films de genre français. Cinq ans après, la réalisatrice (l’une des seules en compétition) s’apprête à dévoiler Titane ce 14 juillet, cette fois en compétition officielle. Le résumé ? « Titane : Métal hautement résistant à la chaleur et à la corrosion, donnant des alliages très durs, souvent utilisé sous forme de prothèses en raison de sa biocompatibilité. »

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Buy me a gun: une surprise mexicaine à la Quinzaine

La Quinzaine des réalisateurs nous émerveille chaque année. L’année dernière c’était avec Patti Cakes. Celle d’avant avec Divines et Ma vie de Courgette. Cette année, nous sommes tout aussi émerveillés.

Après avoir assisté à la première mondiale du nouveau Mamoru Hosoda, Mirai (riche en couleurs, en émotions et en fantaisies comme à son habitude), nous avons un découvert un talent mexicain : celui de Julio Hernandez Cordon. Dans son film présenté, Comprame un revolver (Buy me a gun), il raconte l’histoire d’un père et sa fille à une époque indéterminée, dans un Mexique contrôlé par les narcotrafiquants et en manque de femmes : elles sont chassées au propre sens du terme et kidnappées pour des raisons évidentes. Nous suivons donc la vie de Huck et son père. La petite fille, âgée de 6 ans, est enchaînée la plupart du temps pour éviter le kidnapping. Sans mère, la petite est élevée par son seul parent qui est exploité par des narcotrafiquants afin d’entretenir un terrain de baseball, sport préféré de ces derniers. La relation entre père et fille, centrale dans l’histoire, est tant fusionnelle pour eux qu’attachante pour nous. En tant que spectateur adulte, on s’imagine aisément à la place du père de la petite Huck. Comment survivre quand lorsque l’on est esclave, quand notre fille est convoitée par tous les hommes armés du pays et que l’on souhaite en même temps lui offrir une enfance correcte ? La situation difficile vécue par la famille est source de tensions, justifiées par une enfance tiraillée entre jeux d’enfants (oui, Huck s’amuse avec des garçons en gardant un masque) et survie essentielle. L’unique possibilité de lecture offerte par le récit nous plonge au plus profond de nous même, au coeur de notre conscience et réveille notre sens des responsabilités. On redoute ou on soutient les choix du père, on s’énerve ou on s’inquiète des réactions innocentes d’Huck. La petite est mature pour son âge, mais reste une enfant pleine d’imagination. On observe, on doute et on espère. Mais surtout, on sait. On sait que cette situation existe quelque part dans notre monde bien réel.

 

Kévin Pereira

On the Job, film philippin de la Quinzaine

On the Job, mais qu’est-ce donc ? C’est un thriller philippin en compétition pour la Quinzaine des Réalisateurs, signé Erik Matti, qui raconte l’environnement politique et carcéral de son pays. Sur le papier, le film semble intéressant. Deux prisonniers, Tatang et Daniel sont engagés par une organisation secrète en tant que tueur à gages. Régulièrement, les deux sortent de la prison pour exécuter leur mission d’homicides ou profiter de leurs familles respectives. Si l’un est plus expérimenté dans le meurtre (Tatang), l’autre est en situation d’apprentissage (Daniel). « Une balle dans la poitrine pour toucher et une balle dans la tête pour être sur », telle est la devise du plus expérimenté.  Non seulement une liberté colossale leur est laissée grâce à ce travail mais il est en de même au sein de la prison qui ressemble davantage à une petite ville souterraine. Corruption et manipulation sont ainsi les mots clés d’On the Job. En parallèle, nous suivons l’histoire de Francis et Joachim, deux policiers en charge d’élucider les nombreux récents meurtres.

Vous le voyez donc, le scénario suscite notre curiosité et nous ne ressortons pas déçus de cette séance ! Un certain temps s’écoule certes au départ et l’entrée dans l’univers du film est périlleuse mais cette longueur est nécessaire pour comprendre la complexité des personnages. Outre ce point, aucun ennui n’est possible. Le film dure deux heures mais passe d’une telle rapidité. De nombreuses surprises, d’actions, de drames, une légère violence, un très bon casting, la recette marche et nous sommes conquis !

 

Mélodie

La Realité de Jodorowsky

Un passé coloré et magique, rempli de questions, répression et une famille particulière, ces sont les souvenirs que le réalisateur Alejandro Jodorowsky évoque dans son film La Danse de la réalité qui a fait partie de la sélection de films de la Quinzaine des Réalisateurs qui s’est déroulée en parallèle de la 66ème édition du Festival de Cannes.

Le vieux Jodorowsky introduit le film et il est présent pendant toute l’histoire. Nous sommes accompagnés par le protagoniste pour découvrir son enfance qui a été marquée par un père communiste qui détermine fortement sa manière de penser, qui coupe son imagination et qui veut que son fils soit un « vrai homme ». Le petit Alejandro doit réussir des défis imposés par lui -comme aller chez le dentiste et ne pas utiliser l’anesthésie-, pour le rendre heureux. La relation avec son père est un mélange entre admiration, peur et amour.

Mais la plus forte dans la famille doit être sa mère, qui chante tout ce qu’elle dit et qui pense son fils comme la réincarnation de son propre père. Elle maintient la famille unie au travers de la religion et la foi, ignorées par le père. Elle sera la protection du petit Alejandro et la force pour le père quand il aura des problèmes.

La vie dans ville de Tocopilla c’est un extrait de l’histoire et la réalité de Chili et ses habitants, et c’est la preuve de comme ils ont vécu la dictature, d’un point de vue économique ainsi que social. Dans un descente, par exemple, il y a un groupe de personnes qui marchent ensemble et tous sont habillés en noir. Ils représentent les pestes, la pauvreté et l’oubli du peuple Chilien dans cette période.

Pour cette raison, le film est aussi une excuse pour raconter la vie et l’ambiance politique d’un pays qui avait hâte d’un changement définitif. La Danse de la réalité contraste la vision imaginative d’un enfant avec la rudesse du reste du monde qui détermine la réalité.

Isabel Coixet à la Caméra d’or

D’abord, qu’est-ce que c’est la Caméra d’or ? C’est un prix du Festival de Cannes que a été crée en 1978 par Gilles Jacob pour récompenser « le meilleur premier film » parmi toutes les sections du festival : Sélection officielle, en et hors compétition, Un Certain Regard, la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique. Le prix est établi par un jury indépendant dont cette édition du Festival la réalisatrice catalane Isabel Coixet en fait partie.

En 2006, « Paris, Je t’aime » film que raconte une histoire d’amour pour chaqu’un des arrondissements de Paris et réalisé par divers cinéastes parmi lesquels Isabel Coixet, était en compétition pour obtenir le prix Un Certain Regard. Mais c’est vraiment 2009 quand la cinéaste a concouru au prix de la Sélection officielle avec son film « Map of de sounds of Tokyo ». Le film, présenté le dernier, n’a pas beaucoup convaincu la critique ni le jury et elle n’a pas remporté le prix. Au moins, « Map of de sounds of Tokyo » est parti du Festival avec le Prix Vulcain de l’Artiste-Technicien. Et cette Festival 2013 elle pourra vivre la compétition, mais de l’autre côté.

Pour parler de la participation espagnole en générale cette année à Cannes, elle est réduite à trois coproductions : « La vie d’Adèle », avec la France, en Sélection officielle, « La jaula de oro » avec le Mexique et « Wakolda » avec l’Argentine, toutes les deux dans Un Certain Regard. Il faut pas oublier le documentaire « Con la pata quebrada » de Diego Galán, mais qui est hors compétition.